Arnault Tzanck est presque un inconnu pour beaucoup de gens.
Pour certains, c’est un nom un peu bizarre au fronton d’un institut (Institut Arnault Tzanck à St Laurent du Var et Hôpital de Mougins dans les Alpes Maritimes) ou sur une plaque commémorative, le nom d’une place du XVIIème arrondissement de Paris.
Pour les donneurs et les receveurs de sang, cet homme, venu de sa lointaine contrée caucasienne et au parcours extraordinaire, a été d’une importance capitale.

Qui était-il ?

Arnault Tzanck naît en 1886 à Vladicaucase en Ossétie du Nord, petite république du Caucase.
Arrivé très jeune en France, il entreprend des études de médecine et effectue son internat à l’Hôpital Saint Louis de 1910 à 1914. Il se spécialise en dermatologie et vénérologie.
Médecin circulant dans les ambulances militaires pendant la Première Guerre mondiale, il prend alors conscience de son importance vitale.

Ses actions

En 1928, sous le nom d’« Œuvre de la Transfusion Sanguine d’Urgence », Arnault Tzanck fonde le premier Centre de transfusion sanguine à l’hôpital Saint-Antoine. Le centre réalisera 262 transfusions en 1929, 3 738 en 1932 et plus de 35 000 en 1948.

Dès 1938, il étudie le problème de la conservation du sang permettant ainsi d’éviter la transfusion de bras à bras.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Arnault Tzanck, victime de violentes attaques antisémites s’exile au Chili puis il rallie les Forces françaises combattantes, en Afrique du Nord, en 1943 et y sert comme Lieutenant-colonel.

Après la guerre, il reprend son service à l’Hôpital Saint-Louis.

En 1947, il élabore un test dermatologique qui porte encore son nom.

Arnault Tzanck est un des inspirateurs de la loi du 21 juillet 1952, réglementant les quatre principes éthiques du don de sang : bénévolat, volontariat, anonymat et non-profit. Selon cette loi, « le sang et ses dérivés ne sont pas des médicaments, ne constituent pas un bien du commerce, comme issu du corps humain. »

En 1949 il crée le Centre National de Transfusion Sanguine.

Arnault Tzanck disparaît en 1954, victime d’une grave infection intestinale.

Arnault Tzanck et les donneurs de sang

Arnaud avait conscience du rôle irremplaçable des donneurs de sang dont il restait très proche. Il considérait que seul le bénévolat répondait à sa conception de l’éthique et avait coutume de dire : « Le prix du sang est de n’avoir pas de prix ».

C’est aussi à lui que l’on doit le premier fichier de donneurs de sang.

Pour bien marquer son attachement à l’égard des donneurs de sang et de leurs organisations naissantes, il accepta de devenir le premier Président d’Honneur de la Fédération alors nommée « Fédération Nationales des donneurs de sang bénévoles » dès sa création en 1948.