Avec la pandémie de la COVID 19, la téléconsultation, une des branches de la télémédecine, a explosé. La téléassistance médicale, une autre branche de la télémédecine, est envisagée par l’EFS sur les collectes de sang.

Nous allons voir pourquoi ces formes de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de communication sont amenées à se développer.

La télémédecine, qu’est-ce que c’est ?

La télémédecine est une composante de la télésanté qui met en rapport un ou plusieurs professionnels de santé entre eux ou avec un patient. Parmi ces professionnels de santé figurent obligatoirement un professionnel médical (médecin, sage-femme, chirurgien-dentiste) et le cas échéant d’autres professionnels qui apportent leurs soins au patient.

Pourquoi cette forme de pratique médicale ?

Aujourd’hui la médecine doit répondre à de nouveaux défis tels que le vieillissement de la population, le suivi approfondi des maladies chroniques, l’amélioration de l’accès aux soins dans les zones fragiles (déserts médicaux), le désengorgement des urgences pour des pathologies bégnines.

La télémédecine est une autre manière de soigner avec les mêmes exigences de qualité et de sécurité que des actes classiques.

Quels sont ses objectifs ?

La télémédecine permet d’obtenir un diagnostic, d’assurer, pour un patient à risque, un suivi à visée préventive ou un suivi post-thérapeutique, de requérir un avis spécialisé, de préparer une décision thérapeutique, de prescrire des produits de santé, de prescrire ou de réaliser des actes ou des prestations, d’effectuer une surveillance de l’état de santé des patients

Elle n’a pas pour objectif de remplacer les actes médicaux en présentiel mais elle leur est complémentaire et elle ne substitue pas aux pratiques médicales habituelles mais constitue une réponse aux défis auxquels est confrontée l’offre de soins aujourd’hui.

Quels sont les différents branches de télémédecine?

La télémédecine se décline en 5 branches :

1. La téléconsultation

Elle permet à un professionnel médical de donner une consultation à distance avec un patient afin de réaliser une évaluation globale en vue de définir la conduite à tenir à la suite de l’entretien entre  le patient et le médecin.

2. La téléexpertise

Elle permet à un professionnel médical de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs autres professionnels médicaux

3. La télésurveillance

Elle permet à un professionnel médical d’interpréter à distance des données recueillies sur le lieu de vie du patient

4. La téléassistance médicale

Elle a pour objet de permettre à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte

5. La régulation médicale

Elle est la réponse médicale apportée dans le cadre de l’activité des centres d’appel 15 (urgences). L’assistant de régulation médicale n’est pas un médecin mais un agent administratif  qui prend l’appel pour créer une fiche de renseignements sur le patient (nom, état civil, localisation, raison de l’appel)

Pourquoi la télémédecine est amenée à se développer ?

La pandémie de COVID 19 a grandement profité à la télémédecine et en a été l’accélérateur. L’engouement pour cette pratique a été favorisé par l’accès facilité aux différentes plateformes de téléconsultation et les conditions d’accès assouplies.

75% des médecins ont mis en place la téléconsultation depuis l’épidémie et près de 33% des français y ont eu recours.

La télémédecine n’en est qu’à ses débuts et la crise sanitaire a bousculé les habitudes des praticiens et des patients. C’est donc une solution d’avenir amenée à se développer car elle présente de nombreux avantages même si elle a ses limites.

Les avantages de la télémédecine

  • Gain de temps précieux aux médecins, professionnels de santé et patients.
  • Partage plus rapide et efficace des informations entre les professionnels.
  • Désengorgement des cabinets médicaux pour des pathologies bénignes, pour communiquer des résultats d’analyse ou encore pour de simples renouvellements d’ordonnance.
  • Plus de contrainte de déplacement. Elle entre ainsi en cohérence avec l’avènement du télétravail et la volonté de réduire les déplacements inutiles, notamment pour des raisons environnementales.
  • Solution alternative pour les personnes à mobilité réduite ou qui n’ont pas de moyen de transport.
  • La solution la plus crédible au problème des déserts médicaux.
  • Meilleure coordination des professionnels de santé dans le suivi des patients, notamment grâce au dossier médical partagé (DMP). Ce carnet de santé numérique conserve et sécurise toutes les informations de santé du patient (traitements, résultats d’examens, allergies,…) qui peut les partager avec les professionnels de santé de son choix.
  • La téléexpertise, la télésurveillance et la téléassistance permettent par ailleurs aux professionnels de santé de mieux partager les informations et mieux se coordonner dans le traitement d’un patient, notamment ceux en ALD (Affection de longue durée).

Les limites de la télémédecine

Les nombreux avantages de la télémédecine ne doivent pas masquer certaines limites qu’il est nécessaire de prendre en compte pour en atténuer l’impact.

  • Certaines pathologies nécessitent une consultation physique avec un médecin pour que celui-ci puisse faire un diagnostic éclairé.
  • Moins d’écoute et d’humanité qui sont le fondement de la relation médecin-patient impliquant une rencontre physique.
  • La fracture numérique (inégalité de l’accès aux technologies numériques, pour des raisons matérielles ou de compétences) ne doit pas également être un frein pour bien se faire soigner.

Le projet de téléassistance médicale en collecte de l’EFS

Depuis quelques années, l’EFS doit faire face à un problème préoccupant : le manque de médecins de collecte.

Pour remédier à ce problème, l’organisation de collectes de sang sans la présence physique d’un médecin sur le lieu de collecte mais en ayant la possibilité de le joindre à tout moment afin de garantir la sécurité des donneurs et des receveurs est devenue une éventualité à envisager. C’est ainsi que le projet TMC (Téléassistance Médicale en Collecte) a vu le jour.

Les premiers pas de TMC ont débuté en novembre partout en France et trois autres vagues d’expérimentation sont prévues en 2021 avec pour objectif d’éprouver la TMC dans tous ses aspects : organisationnels, techniques, sécuritaires ….

Dans une collecte TMC, il n’y a donc plus de médecin physiquement présent mais des infirmiers de supervision spécialement formés qui sont chargés de coordonner sur place les aspects pratiques et organisationnels de la collecte.

Cependant un médecin est disponible à distance en permanence pour délivrer par téléphone son expertise médicale aux équipes sur place. Il réalise notamment les entretiens prédon spécifiques pour les primo-donneurs de plus de 60 ans et les donneurs connus de plus de 65 ans, s’il n’y a pas eu auparavant de motif d’ajournement clair, identifié par l’infirmier ou l’infirmière chargé de l’entretien prédon.

Le médecin accompagne également les équipes en cas d’évènement indésirable concernant le donneur.

Ce projet de l’EFS permettra donc non seulement de participer à la modernisation de la collecte mais également de répondre aux enjeux d’autosuffisance. Il fera l’objet d’une évaluation à chaque étape du déploiement qui permettra, à terme, d’envisager un déploiement plus large.