Après la découverte des pratiques de collecte de sang sur le continent européen et africain, nous allons terminer notre tour du monde par le continent asiatique à travers l’Inde et le Sri Lanka.

Don de sang en Inde

Depuis 1998 les « dons » de sang rémunérés sont interdits en Inde. Il a fallu innover pour retrouver des donneurs.

Les campagnes de promotion du don n’ont pas été particulièrement fructueuses

Alors, il faut savoir qu’il y a deux maîtres mots en Inde : dévotion et ascétisme.

Les mouvements religieux dirigés par des gourous sont devenus des pourvoyeurs majeurs des dons de sang bénévoles à travers tout le pays.

Les médecins collecteurs ont habilement reconnu le pouvoir et l’intensité de la relation qui existent entre les gourous et les fidèles et le mobilisent à leur propre fin.

De leur côté, les fidèles utilisent le don de sang comme un moyen d’enrichir et de transformer la base empirique de leur vie religieuse.

A méditer !

Le don au Sri Lanka

Au Sri Lanka, le don est une notion très importante liée au Bouddhisme, religion majoritaire dans ce pays. « Le don de sang est religieusement et culturellement accepté »

À chaque pleine lune, a lieu ce qu’on appelle, la « poya« , une fête bouddhiste et celle du mois de juin est particulière, puisqu’elle représente « poya Poson » qui célèbre l’arrivée du bouddhisme dans le pays. C’est un temps pour la générosité et la célébration.

Le Sri Lanka a donc établi la tradition d’encourager la population à donner son sang chaque mois où la lune est pleine.

Des sessions de don de sang sont organisées dans les locaux d’association, dans les temples, les écoles ou les universités.

Environ 85 % des dons sont réalisées lors de ces collectes mobiles.

Quelques chiffres :

– en 10 ans, le Sri Lanka est devenu autosuffisant en produits sanguins

– 2013 : 380 000 unités de sang, plus 150 000 par rapport à 2003

– Depuis 2013, le don de sang est totalement bénévole au Sri Lanka (contre 39 % en 2003 et 99.4 % en 2012)

Comme en France, avant chaque don, le donneur est questionné par un médecin. Il y a une recherche VIH, hépatite B et C, syphilis et malaria.

Le système de contrôle est très strict, ce qui fait que la transmission d’infections est significativement plus basse parmi les donneurs Sri Lankais que dans d’autres pays de la région.

C’est le service de transfusion nationale qui coordonne la gestion des stocks et informe la population des besoins en sang.

Le Sri Lanka a mené une politique forte sur le don de sang avec une mobilisation communautaire importante selon le Docteur Poonam Khetrapal Singh, directeur régional pour l’Asie du Sud-Est :

– modernisation du système de santé

– technologie de pointe pour la collecte de sang de cordon ombilical et de cellules souches

– réseau informatisé pour lier toutes les banques de sang entre elles

– diverses innovations dans le recrutement des donneurs

Grâce à ça, le pays a presque divisé par 2 son taux de mortalité maternelle. C’est l’un des plus bas de l’Asie du Sud-Est.