Chaque année, en France, environ 2000 personnes atteintes de maladies graves du sang comme les leucémies, les lymphomes (cancer du système lymphatique), ont besoin d’une greffe de moëlle osseuse. Seulement, pour pratiquer une greffe de moëlle osseuse, il faut des donneurs.
Or, en dehors de la fratrie, la probabilité de trouver un donneur parfaitement compatible est seulement d’une chance sur un million en moyenne !

Pourquoi ? Comment pallier ce problème ? Qui peut donner sa moëlle osseuse ? Nous allons répondre à toutes ces interrogations.

Pourquoi les chances de compatibilité sont-elles très faibles ?

Comme pour les transfusions sanguines qui nécessitent que les groupes sanguins du donneur et du receveur soient compatibles, il faut que les cellules de la moëlle osseuse du receveur soient compatibles avec celles du donneur (histocompatibilité).

Le système HLA, ou système d’histocompatibilité, véritable carte d’identité des cellules, est constitué de centaines de protéines situées à la surface de celles-ci.

Le nombre de combinaisons est immense, ce qui fait que la probabilité de trouver deux systèmes vraiment identiques est quasiment nulle. Seuls les vrais jumeaux sont histocompatibles.

La probabilité de trouver une compatibilité HLA dans une même fratrie est de 1 sur 4.

En dehors de la fratrie la compatibilité HLA est de 1 sur 1 million.

Si la compatibilité n’est pas parfaite, le corps du receveur produira des anticorps conduisant au rejet des cellules introduites et la greffe échouera.

Comment pallier ce problème de rareté de compatibilité HLA ?

Afin de donner aux patients qui n’ont pas de donneur compatible HLA au sein de leur famille, la possibilité de recevoir un greffon d’un donneur volontaire non apparenté partageant les mêmes caractéristiques HLA, un registre national des donneurs de moëlle osseuse a été créé en 1986 : il comptait en 2020 près de 320000 personnes contre 221000 début 2014.

Le don de moëlle osseuse fait appel à la solidarité internationale avec une interconnexion entre les 73 registres mondiaux qui ont été créés et regroupés au sein de l’association mondiale des donneurs de moëlle osseuse, la WMDA (World Marrow Donor Association).

Ce sont aujourd’hui 38,4 millions de donneurs inscrits et mobilisables dans le monde.

Quelles sont les conditions d’inscription sur le registre des donneurs de moëlle osseuse ?

  1. Etre âgé de 18 à 35 ans révolus
  2. Accepter de rester inscrit jusqu’à 60 ans révolus
  3. Etre en parfaite santé
  4. Accepter les deux modes de prélèvement des cellules souche

Les cellules souches, appelées cellules hématopoïétiques, sont prélevées soit dans le sang soit dans les os du bassin à l’hôpital sous anesthésie générale.
Ce sont les maladies et l’âge du malade qui déterminent le choix du prélèvement.

  • Respecter les valeurs éthiques du don (anonymat, volontariat et gratuité)

Quel est le profil des donneurs de moëlle osseuse ?

Même si le critère HLA est l’élément principal, d’autres paramètres se sont rajoutés au fil du temps et sont, par ordre d’importance :

  1. L’âge du donneur

La survie des patients greffés avec des cellules de moëlle osseuse de donneurs âgés de 18 ans à 32 ans est meilleure.

Statistiquement, plus le donneur est jeune moins il présente de contre-indications médicales à l’inscription.

Depuis le 1er janvier 2021, en France, l’inscription sur le registre national des donneurs de moëlle osseuse est fixée à 35 ans révolus.

Actuellement, en France, il s’écoule en moyenne 8 ans entre l’inscription et le don : ainsi, un donneur de 35 ans qui s’inscrit aujourd’hui est susceptible de donner à 43 ans. Donc plus on s’inscrit jeune plus on a de chances de faire un don

Les donneurs ayant atteint l’âge de 60 ans révolus quittent naturellement le registre national.

  • Le sexe du donneur

Le sexe masculin est privilégié (72%).

  • Le statut immunitaire face au cytomégalovirus (CMV)

Le cytomégalovirus est un genre de virus responsable d’infections passant le plus souvent inaperçues. Son caractère pathogène survient surtout chez des patients dont les défenses immunitaires ont été affaiblies, tels ceux traités par immunosuppresseurs, atteints par le sida, et les fœtus.

Quand il s’agit d’une donneuse, le nombre de grossesses est un élément qui est aussi pris en considération.

  • Le groupe sanguin

Le groupe sanguin est déterminant si le greffon est prélevé dans la moëlle osseuse puisqu’il nécessite une manipulation particulière dans le laboratoire de thérapie cellulaire du centre greffeur avant injection du greffon au receveur.

Source : revue DSB (« Le donneur de Sang Bénévole ») Mars 2022