Dans les années 1920 et 1930, la transfusion sanguine est de plus en plus utilisée grâce à une révolution complète des techniques de transfusion et de conservation du sang. La transfusion entre ainsi progressivement dans la pratique courante.

En 1928, le docteur Arnault Tzanck fonde le premier Centre national de transfusion sanguine (CNTS) à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. La première collecte mobile est organisée la même année, pour répondre aux besoins en plasma d’ouvriers brûlés par l’explosion de leur usine.

A partir de la Seconde Guerre Mondiale, le système transfusionnel est organisé autour de cinq instances.

  • Le CNTS (Centre National de Transfusion Sanguine) chargé de la coordination de la transfusion sanguine au niveau national
  • Les CTS (Centre de Transfusion Sanguine), établissements de droit privé, gèrent la collecte, la conservation, la distribution des produits sanguins. On en compte 163 en France.
  • Le LNS (Laboratoire National de la Santé), organisme dépendant du Ministère de la Santé, en charge de vérifier la qualité des produits sanguins.
  • La DGS (Direction Générale de la Santé) qui délivre les agréments des CTS. Elle détermine les volumes et les conditions de prélèvement, les normes de préparation et le montant des prix de cession.
  • Le CCTS (Comité Consultatif de la Transfusion Sanguine), composé d’acteurs de la transfusion sanguine, conseille le Ministère de la Santé.

En 1991 l’affaire du sang contaminé éclate dans plusieurs pays du monde dont la France.

Une journaliste révèle que le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) a distribué, de 1984 à 1985, certains produits sanguins contaminés par le virus du sida à des hémophiles.

En réaction à cette affaire, la France met en place un système national public et unique de transfusion sanguine. De nombreux moyens sont ainsi mis en œuvre pour garantir la sécurité transfusionnelle, respecter les principes éthiques du don et placer l’ensemble du système transfusionnel sous la tutelle de l’État.

La loi du 4 janvier 1993, symboliquement qualifiée de « loi de sécurité sanitaire », est adoptée et crée les premières agences de sécurité sanitaire, dont l’Agence Française du Sang (AFS), et le Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB).

En application de la loi du 1er juillet 1998, relative au renforcement de la veille et de la sécurité sanitaire, l’Établissement Français du Sang (EFS) voit le jour le 1er janvier 2000 et devient l’acteur unique,responsable detoutes les activités de la chaîne transfusionnelle, de la collecte jusqu’à la délivrance des produits sanguins : une organisation efficace qui permet l’accessibilité à des produits sanguins sur l’ensemble du territoire. 

Au cours de ces vingt dernières années, l’EFS s’est considérablement modernisé, aussi bien d’un point de vue organisationnel, technique que d’image, en lien avec l’évolution de la société. L’EFS est aujourd’hui un acteur incontournable de l’innovation et investit dans les thérapies innovantes pour que les patients bénéficient au plus vite d’avancées médicales.

Au cœur de ce système est placée l’éthique, avec la promotion de la non-marchandisation du corps humain.

Le service public du sang mis en place en France est reconnu au-delà de nos frontières, et le modèle éthique hérité de notre histoire, fait référence dans le monde.

Source des informations

EFS, notre histoire: https://www.efs.sante.fr/notre-histoire